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Barème El Khomri des indemnités pour licenciement sans cause réelle et sérieuse des salariés (article 30 de l'avant projet de loi)

Barème El Khomri des indemnités pour licenciement sans cause réelle et sérieuse des salariés (article 30 de l'avant projet de loi)

1) Barème El Khomri

L’article 30 qui modifie l’article L. 1235-3 du code du travail qui fixe les indemnités pour licenciement sans cause des salariés (projet de loi consultable en slide share : http://www.lesechos.fr/economie-france/dossiers/021707896368-code-du-travail-ce-que-prevoit-le-projet-de-loi-el-khomri-1201592.php )

Cet article 30 est inséré dans le Titre IV de l’avant-projet de loi intitulé « Favoriser l’emploi » et dans le chapitre 1er intitulé « Faciliter la vie des TPE et PME et favoriser l’embauche ».

Cet article 30 prévoit qu’un salarié, en cas de licenciement sans cause, percevrait une indemnité qui ne pourrait pas dépasser une somme forfaitaire maximum déterminée en fonction de l’ancienneté comme suit :

– 3 mois de salaire si l’ancienneté du salarié est de moins de deux ans ;

– 6 mois de salaire si l’ancienneté du salarié est d’au moins deux ans et de moins de cinq ans ;

– 9 mois de salaire si l’ancienneté du salarié est d’au moins cinq ans et de moins de dix ans ;

– 12 mois de salaire si l’ancienneté du salarié est d’au moins 10 ans et de moins de 20 ans ;

– 15 mois de salaire si l’ancienneté du salarié est d’au moins 20 ans (nouvel article L. 1235-3).

La révolution est qu’il n’y a plus de minimum par rapport à la législation actuelle (cf 3 ci-dessous) et surtout que le montant de l’indemnité de licenciement sans cause est aussi plafonné.

Ce barème serait également applicable en cas de résiliation judiciaire du contrat de travail ou en cas de prise d’acte de la rupture.

L’indemnité ci-dessus est cumulable avec celle éventuellement prévue pour irrégularité de procédure et en cas de non-respect de la priorité de réembauchage.

2) Exclusion du barème

Le juge pourrait accorder au salarié une indemnité d’un montant supérieur aux plafonds prévus par le barème en cas de faute de l’employeur d’une particulière gravité

. harcèlement moral ou sexuel ;

. licenciement discriminatoire ou consécutif à une action en justice en matière d’égalité professionnelle ou de corruption ;

. violation du droit de grève ou de l’exercice d’un mandat par un salarié protégé ;

atteinte aux libertés fondamentales.

3) Système actuel : au moins 6 mois de salaires en cas de licenciement sans cause (salariés de plus de 2 ans d’ancienneté dans une entreprise de plus de 10 salariés)

En cas de licenciement sans cause réelle et sérieuse, l’article L. 1235-3 du code du travail impose au juge de verser au salarié un minimum de six mois de salaire en cas de licenciement sans cause (salariés de plus de 2 ans d’ancienneté dans une entreprise de plus de 10 salariés).

Ce montant est en fonction du préjudice subi si le salarié possède moins de 2 ans d’ancienneté ou qu’il appartient à une entreprise de 10 salariés au plus (article L. 1235-5 du code du travail).

Il faut rappeler que le barème Macron avait été invalidé par le Conseil Constitutionnel (cf notre brève).

http://www.village-justice.com/articles/Conseil-constitutionnel-censure,20227.html

Il reste à voir si le barème El Khomri passera les fourches caudines du Parlement et du Conseil Constitutionnel.

 

Contacts:
. Paris office: 4 rue Bayard 75008 Paris - Frédéric CHHUM Tel: +33 (0) 1 42 56 03 00
. Nantes office: 41, Quai de la Fosse 44000 Nantes - Camille COLOMBO  Tel: +33 (0) 2 28 44 26 44

e-mail : chhum@chhum-avocats.com

blog: www.chhum-avocats.fr

http://twitter.com/#!/fchhum

 

 

Publié le 19/02/2016

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